Accueil Spectacles Billetterie Contact Présentation Partenaires      

Mot de Benoit Vaillancourt

Quel est le souvenir le plus ancien que vous ayez ? Pour moi, il est olfactif, pas de surprise là-dedans puisque, dit-on, l’odorat est le sens qui conserve le plus les souvenirs. La première fois que j’ai fait cuire du homard, l’odeur s’est imposée à moi. J’ai revu distinctement la cuisine de la petite maison de la rue Saint-Paul et, sur le poêle à bois, le grand chaudron dans lequel ma mère faisait cuire des homards. Je n’avais pas plus de cinq ans. Et vous, quand ça ne va pas ou que vous êtes malade, qu’est-ce qui vous réconforte ? Une soupe poulet et nouilles de Lipton ?

À Kandahar, l’armée canadienne héberge un restaurant Tim Horton pour ses soldats. Lorsqu’il était ministre et qu’il était allé les visiter, Maxime Bernier leur a apporté des beignes. C’est parfois étonnant et surtout troublant de constater certains des liens affectifs qui nous lient à notre passé ou à nos racines.

Cette année, nous allons visiter quelques-uns de ces espaces affectifs. Du choc post-traumatique du soldat au retour de guerre jusqu’au parfois fragile et pourtant incassable lien maternel, nous allons voyager et souvent errer sur les sentiers chaotiques des affections humaines. Nous nous rendrons dans ces passages entre deux temps, ces moments indéfinis entre la paix et la guerre. Wajdi disait « Nous sommes en guerre ! », je dirai : Soyons en paix ! Parce que c’est profondément ce que recherchent tous ces personnages : faire la paix avec eux-mêmes, se tourner vers un avenir ouvert sur le bonheur.

Nous parlerons de destins d’hommes, de destins de femmes volontaires prêtes au changement, disponibles à la vie. Nous parlerons de destins d’enfants, de survie, d’endurance et de détermination. Nous regarderons en face notre temporalité, nous questionnerons la vie et l’éternité. Nous parlerons d’amour, de bonheur, d’extase et regarderons le soleil se lever sur des avenirs pleins d’espoirs. Ganas de vivir : envie de vivre !

Nous voyagerons aussi et si ce n’est de corps, ce sera tout au moins d’esprit et d’imaginaire. Nous recevrons une production de France, une autre de Belgique et une coproduction Québec/Mexique. En fait, en dehors des festivals, sur aucune autre scène du Québec n’a-t-on accueilli autant de productions en provenance de l’étranger, nous en serons à 35. Des rencontres qui se veulent à la fois humaines, artistiques et culturelles.

Et puisque nous aimons vraiment ça, alors nous allons rire de bon coeur et plutôt deux fois qu’une aux extravagances, aux outrances, aux cabotinages et au ridicule. Cette année encore, nos invités nous offrirons tout un bouquet d’émotions. Et tout ça, dans cette intimité si exceptionnelle que seul le Théâtre du Bic peut nous offrir.

Benoit Vaillancourt

Benoit Vaillancourt

Directeur artistique et général