Parce que...

Quand j’ai vu cette production, j’aurais voulu que vous soyez avec moi. Seule la finesse, la douceur et la sensibilité d’une femme comme Luce Pelletier pouvait rendre avec tant de justesse la fine toile de cette histoire. Et si l’oeuvre est monochrome, il n’y a ni blanc, ni noir ; que des nuances de gris porteuses de beaucoup plus de force que la violence des jugements impromptus.

B.V.

Théâtre

Comment j’ai appris à conduire

20 mars 19 h 30

Production : Théâtre de l’Opsis

Texte : Paula Vogel

Traduction : Maryse Warda

Mise en scène : Luce Pelletier

Assistée de Claire L’Heureux

Avec
  • Violette Chauveau, Gabriel Sabourin, Martine Francke, Magalie Lépine-Blondeau et Michel-André Cardin
  • Décor : Olivier Landreville
  • Costumes : Julie Breton
  • Conception sonore : Larsen Lupin
  • Lumières : Martin Labrecque

Le Théâtre de l’Opsis propose toujours des voyages fascinants à travers des cycles. Le Théâtre du Bic a déjà accueilli un cycle à travers la Russie dont Je suis une mouette (non ce n’est pas ça), La poste populaire Russe et une pièce du cycle Grec, Oreste à travers le temps. L’an dernier, débutait la période états-unienne et la présentation de L’Amérique en chantier. Dans ce même cycle, voici une histoire troublante…

L’histoire débute par une chaude nuit d’été en 1960. Après plusieurs discussions, un homme dégrafe le soutien-gorge d’une jeune adolescente sur la banquette avant de la voiture. C’est cette jeune adolescente maintenant femme qui nous raconte cette histoire. Au fil des arrêts, des courbes, des routes, ses souvenirs émergent et elle nous dévoile l’étrange relation parfois physique, mais surtout émotionnelle qu’elle a entretenue avec son oncle Peck. À travers ses leçons de conduite, on découvre le présent, le passé et le futur de ces deux êtres.

Récipiendaire du prix Pulitzer en 1988 pour cette oeuvre, Paula Vogel ne traite pas seulement de la pédophilie, mais démontre par les mémoires de cette femme la beauté du pardon et le désir de survie. L’auteure aborde aussi la famille, le passage de l’adolescence à l’âge adulte, notre emprise sur notre corps et nos pensées, la frontière qui sépare le mal du bien. L’auteure se refuse à réduire l’héroïne au statut de victime ou de faire de son oppresseur un monstre.